Credo / carte blanche à Christian Egger

Matthieu Gafsou, Anne Golaz, Yann Mingard, Guy Oberson, Cyril Porchet

du 3 au 24 septembre 2016


Vincent Sator et Christian Egger sont heureux de vous présenter un projet collaboratif entre leurs deux galeries, la galerie Sator et la Galerie C (Neuchâtel). Lors des trois premières semaines de septembre, la galerie Sator a le plaisir d’accueillir dans son espace à Paris une proposition libre de Christian Egger CREDO présentant certains des artistes de la galerie C spécifiquement réunis autour du thème de la croyance. Dans un second temps, lors des trois premières semaines de décembre, la galerie C accueillera à son tour à Neuchâtel les artistes de la galerie Sator dans un projet curatorial conçu par Vincent Sator.

« Une croyance forte, qui procure la béatitude, est un motif de soupçon à l’égard de ce à quoi l’on croit, elle ne fonde pas “la vérité”, elle fonde une crainte vraisemblance - de l’illusion. » F. Nietzsche, Généalogie de la morale

Vincent Sator est heureux de vous présenter le premier volet de cet échange “Paris-Neuchâtel” avec CREDO l’exposition de la galerie C, du 3 au 24 septembre 2016.

Credo est une exposition qui se fonde sur la construction des croyances. Sous leurs formes multiples, les croyances ont toujours eu un rapport avec l’artificiel, l’esthétique, la construction, le savoir et la mise en scène. Les croyances abordées dans Credo sont avant tout l’objet d’un besoin et d’un rapport très subjectif que Nietzsche nomme les convictions. Ce principe de subjectivité, de convictions, se retrouve d’une part dans les convictions de Christian Egger, directeur de la galerie C, qui soutient à travers une proposition artistique, sa perception de ce que serait nos croyances aujourd’hui. D’autre part, le choix des œuvres, au prime abord arbitraire, relève aussi de la puissance des convictions des artistes suisses sélectionnés par Christian Egger, curateur de l’exposition.

Les travaux présents au sein de Credo sont tous le résultat de travaux orientés, engagés, provocants, où la subjectivité même de l’artiste est investie dans l’œuvre. Les photographies présentées ont une grande force esthétique. Témoignant d’une belle maitrise du médium par les artistes (Matthieu Gafsou, Anne Golaz, Yann Mingard et Cyril Porchet), les photographies sont à la fois travaillées avec la minutie d’une peinture de maitre (éclairage, composition, tirage, format) mais revêtent aussi, de par les thèmes abordés, une valeur documentaire (la série Déposit de Yann Mingard qui interroge sur le stockage de données naturelles telles que les graines ou le sperme) voire ethnographique.

Les photographies issues des séries Scènes Rurales et Metsästä - from the woods de Anne Golaz évoquent toutes ces caractéristiques. S’étant immergé à la manière d’un ethnologue dans un terrain de recherche, la ruralité, l’artiste extrait une oeuvre à la fois poétique et didactique. Au fil de l’histoire et des traditions, les croyances se retrouvent se dogmatisent, s’articulent au point d’être acceptées aujourd’hui parfois comme loi ou « credo » par des individus.

Guy Oberson questionne ces traces, ces traditions et ces appartenances. Au travers de ses peintures de personnages tatoués (considéré souvent comme un symbole d’appartenance ou comme une pratique sociale et rituelle) ou de ses reproductions de bénitiers Malgaches réalisés dans des crânes de bovidés, le travail de Guy Oberson ouvre la voie à un questionnement sur les pratiques inhérentes aux croyances.

La quintessence de l’artificiel dans les réalisations et les artefacts religieux est présente dans la série Vertigo de Cyril Porchet qui photographie des quadratura et sotto in sù d’Églises Italiennes, traces d’un art de l’illusion au service de la dévotion.

Credo ouvre aussi le discours sur d’autres types de croyances qui peuvent encore aujourd’hui nous choquer, nous interpeller. Il s’agit, par exemple, de la toxicomanie où par inversion à la célèbre phrase de Karl Marx, l’opium est devenu la religion du peuple.

Cette toxicomanie est présente dans la série photographique Only God Can Judge Me, de Matthieu Gafsou. Une série où l’on retrouve notamment des portraits extrêmement travaillés du point de vue de l’éclairage et du cadrage intimiste et au travers desquels, l’artiste donne une vision respectueuse et noble d’un univers souvent rejeté et décrié.

À la manière de ces pratiques séductrices et entêtantes que sont les croyances, l’exposition Credo nous invite à un voyage esthétique vers nos propres compréhensions, nos propres expériences, nos propres rapports à la croyance. Ces reliques, artefacts ou témoignages visuels, présentés dans l’exposition sont ici pour capter l’oeil et l’âme, comme une invitation au voyage, vers ce qui nous dépasse.

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