Romain Kronenberg

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A FRAGILE TENSION - 2017

installation vidéo, 19 min 35, 2 flux 4k, son stéréo

A fragile tension est l’aboutissement d’un processus par étapes qui avait d’abord consisté dans la réalisation de deux œuvres indépendantes : Rien que de la terre, et de plus en plus sèche et La forme de son corps avec l’excès de sable.  Imaginée en dyptique, l’œuvre met côte à côte deux situations et deux territoires en tant que le contre-champ l’un de l’autre : un homme parti à bord d’un cargo en quête d’un monde nouveau, deux hommes restés en arrière dans l’attente du signal d’un éclaireur ; un cargo lancé en pleine mer, un territoire désertique ; des kurdophones, un francophone ; mais une même radio qui permet le contact qui se perd, et surtout une enjeu commun, qui s’imagine universel : la nécessité de croire.

CREDITS – avec Mehmet Korkut, Mazlum Adıgüzel, Adrien Dantou & Baver Doğanay. Traduction kurde par Kawa Nemir.


RIEN NE S'OPPOSE AU JOUR - 2017 

vidéo, 18 min 03, 4k, son stéréo

Un amour fusionnel unit DEUX à UN, deux femmes d’une quarantaine d’années habitant une maison contemporaine plongée dans une nuit infinie. Jour après jour, des rêves terrifiants et cosmiques troublent le sommeil de DEUX. Toute la maison s’en trouve ébranlée. UN se veut d’abord rassurante. Mais elle comprend bientôt que les dessins qu’elle réalise en secret et qui préparent un acte radical qu’elle s’apprête à commettre sont à l’origine des rêves qui anéantissent DEUX. Malgré tout l’amour qu’elle lui porte, UN achève son projet. Sous les yeux de DEUX qui s’éteint, elle fait naître le jour et meurt à son tour, inalliable au monde qu’elle vient de faire surgir et qui annonce l’humanité.

Produit par Delphine Schmit (Perspective Films), avec Audrey Bonnet & Nathalie Richard, Julia Mingo, Tünde Deak, Thomas Coulomb, Alix Clément. Remerciements à Julien Campus & Yannis Motte (BO.A Architecture) & Joël Davesne.


RIEN QUE DE LA TERRE, ET DE PLUS EN PLUS SÈCHE - 2016

vidéo, 15 min 50, 4k, son stéréo

Deux jeunes hommes sont installés dans le désert. Aucune âme à l’horizon. Ils attendent le retour d’un troisième homme parti en éclaireur. Les deux équipes restent en contact grâce à des radios. L’éclaireur explique le chemin qu’il accomplit, et l’étendue désertique toujours plus vaste devant lui. Il raconte l’espoir qu’il place dans chaque pas qu’il fait. Les deux jeunes hommes restés en arrière écoutent ; ils projettent leurs espoirs dans le futur et l’autre côté du désert. Mais la qualité du signal radio commence à faiblir. Des crépitements se font entendre sur la liaison. De plus en plus fortement. D’abord indéchiffrable, la voix finit par disparaître. Les deux jeunes hommes se retrouvent dès lors seuls et sans nouvelles. Doivent-ils se lancer en avant ? Rester où ils sont ? La réponse qu’ils imagineront est finalement un paradoxe : que croire est aussi essentiel qu’est la conscience que croire est vain.

CREDITS – avec Mehmet Korkut, Mazlum Adıgüzel & Baver Doğanay. Traduction kurde par Kawa Nemir. Production Romain Kronenberg.


MARCHER PUIS DISPARAÎTRE - 2013

vidéo, 45 min 07, HD, son stéréo + installation

Le film Marcher puis disparaître déroule la trajectoire d’un homme qui, arrivant du lointain, traverse le quotidien d’une petite ville turque dont il observe les usages et les lieux au lever du jour : un café, l’ancienne mosquée, les rues qui s’animent, une boulangerie, les jeux sur les tables des cafés. L’homme gagne les limites de la ville que dessine le ballet des camions puis reprend la route, s’enfonce dans les terres et s’éloigne peu à peu de la civilisation ; il traverse un village abandonné puis, à la nuit tombée, franchit l’œcumène et découvre un immense lac salé où il s’abandonne lui-même au climat. À travers ce chemin, le marcheur crée le lien entre la ville et le lac et ouvre alors un dialogue entre des symboles opposés : collectif et individu, concret et abstrait, réel et théorique, documentaire et ficionnel.

L’installation Marcher puis disparaître invite à découvrir le film dans sa linéarité accompagné des traces, témoignages et éléments de sa fabrication. Dans l’installation se mêlent trois sculptures (des bâtons de marche manipulées dans le film par le personnage principal), plusieurs photographies témoignant du contexte du tournage et en particulier de la ville de Sereflikochisar, trois impressions 3D déposées sur une vue aérienne du lac salé, lieu du tournage et le film lui-même. Ce dispositif est sans cesse en mutation et en recherche.

CREDITS – MARCHER PUIS DISPARAÎTRE (43 minutes, stereo, 16:9, colour) Un film de Romain Kronenberg – sculptures de Benjamin Graindorge – musique & son de Romain Kronenberg – produit parToo Many Cowboys (Clément Postec), avec le concours du Centre National des arts plastiques (Image/Mouvement), l’aide de la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques et le soutien du Centre national de la cinématographie et de l’image animée (Nouveaux médias). Collection FNAC (Fonds national d’art contemporain)